Alors que la mobilisation contre l’IA s’organise, de la Silicon Valley jusqu’à Rome, voici qu’un investisseur texan vient jeter de l’huile sur le feu. Age of AI, une société de capital-risque en IA basée à Austin, aux États-Unis, vient de lancer FreedomGPT, un chatbot sans aucun biais ni “censure” basé sur Alpaca, un modèle dégradé à partir de Llama de Meta qui peut fonctionner sur un simple ordinateur ou téléphone mobile, et non sur un supercalculateur dans le cloud.
FreedomGPT peut discuter de n’importe quel sujet sans filtre, qu’il s’agisse de politique, de sexualité ou de religion… Par exemple, il a expliqué à un journaliste de BuzzFeed News comment construire une bombe, a fait l’éloge d’Hitler et a offert des recommandations pour commettre un suicide. Ses créateurs mettent en avant la liberté d’expression plutôt que la sécurité.
Téléchargeable gratuitement en open source et opérable en local, Alpaca n’est pas susceptible d’être mis sur “pause”. Nul doute cependant que la vision très texane de la liberté d’Age of AI apporte de l’eau au moulin de ceux qui, comme la semaine dernière Elon Musk et le Garant italien des données personnelles (voir Qant Expert du 31 mars) mobilisent pour lancer le jihad butlérien de Dune contre les machines pensantes. Et peut-être en était-ce le but.
Source : FreedomGPT
Pour en savoir plus : Stanford, Buzzfeed, Trust My Science
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_a0b9567173b84e629ae416eea4fa8c13