A première vue, l’intelligence artificielle générative ne pourrait pas déclencher plus d’enthousiasme ni plus d’attentes exagérées. Dans le cycle de l’hyperbole de Gartner, elle se trouverait tout en haut du “pic des attentes exagérées”. Il est en effet indéniable que bien des gens attendent des grands modèles de traitement du langage naturel (LLM) plus de choses qu’ils ne pourront jamais livrer. Leur inévitable déception causera, tôt ou tard, un krach tout aussi déraisonnable (le “Gouffre des désillusions”) avant que l’utilisation de la technologie ne se normalise. Du moins, c’est là ce que dicte le bon sens, affiné depuis les tulipes en Hollande au XVIIème siècle jusqu’à l’enthousiasme éperdu qui entourait, l’an dernier encore, le bitcoin et le métavers.
Deux considérations, l’une technologique et l’autre financière, s’inscrivent en faux. L’enthousiasme se cristallise au moment où le début d’une récession de la tech laisse aux investisseurs beaucoup d’argent à investir et peu de cibles prometteuses. En matière d’investissements dans l’IA générative, les 10 milliards de dollars de Microsoft dans Open AI et les 400 millions de Google dans Anthropic ne semble être que les premières vaguelettes qui annoncent un tsunami.
Or, seul le texte et le dessin graphique n’ont été impactés jusqu’à présent, et encore assez marginalement. On peine à dire que ces premières applications se déploient progressivement, vue la rapidité de feu de brousse à laquelle elles se généralisent. Et pourtant ! 100 millions d’utilisateurs de ChatGPT, ce n’est sans doute que le dixième ou le vingtième de ses utilisateurs potentiels. Le temps que chacun adopte ces robots, on verra apparaître leurs successeurs, capables de générer des photos, des vidéos, des voix humaines…
Loin d’être proche de retomber, il semble bien que la vague de l’IA générative ne fasse que commencer à gonfler.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_45df4d75de7f4d7cbe9dcd6b8ca24e6c