Peter Kirchschläger, professeur d’éthique et directeur de l’Institut d’éthique sociale de l’université de Lucerne, est professeur invité à l’ETH Zurich.
Les grandes entreprises technologiques ont créé des outils dangereux, qui nuisent aux utilisateurs et sapent la démocratie, au nom de la maximisation de leurs profits. Il devrait être évident que leur permettre de dominer le processus d’élaboration des règles mondiales pour l’IA et le domaine numérique est une grave erreur.
Peter G. Kirchschläger, université de Lucerne
“En octobre dernier, la Commission européenne a adopté une nouvelle feuille de route pour lutter contre le trafic de drogue et la criminalité organisée, l’une des plus graves menaces pour la sécurité de l’Union. Pour des raisons évidentes, les responsables politiques de l’Union européenne n’ont pas invité les membres des cartels à participer à la conception et à l’élaboration de cette stratégie ; demander l’avis des réseaux criminels n’aurait fait que faciliter la poursuite de leurs activités en toute impunité.
Mais lorsqu’il s’agit de réglementer la transformation numérique et l’intelligence artificielle, qui présentent toutes deux une myriade de risques, les décideurs politiques font le contraire. Ils collaborent avec les grandes entreprises technologiques telles que Meta (Facebook), Alphabet (Google), Amazon, Apple et Microsoft, alors même que leurs dirigeants ont fait preuve d’une volonté éhontée de créer des outils dangereux et de nuire aux utilisateurs au nom de la maximisation des profits.”
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_a7f78d8f8b1a42049f1bb62b136bd5f7