Une équipe de chercheurs de l’université de Tokyo vient de présenter une technique permettant d’ancrer de la peau humaine vivante sur les visages de robots.
Il y a deux ans, cette équipe avait déjà recouvert un doigt robotisé motorisé d’une peau faite de cellules humaines vivantes. Ce doigt était capable de se plier sans déchirer la peau. Cependant, la peau n’était pas attachée au doigt, agissant plutôt comme une gaine rétractable. Contrairement à la peau humaine naturelle, qui est reliée aux muscles sous-jacents par des ligaments, cette configuration artificielle ne permettait pas une grande mobilité et la peau risquait de s’endommager facilement.
Pour surmonter ces limitations, les chercheurs ont conçu un nouveau système d’ancrage de la peau basé sur des perforations en forme de V dans la surface synthétique. En utilisant un moule facial humain comportant ces perforations, ils ont appliqué un gel composé de collagène et de fibroblastes dermiques humains. Ces cellules sont responsables de la production de tissus conjonctifs dans la peau. Une partie du gel a pénétré dans les perforations, créant ainsi un ancrage solide une fois que le gel s’est transformé en peau après une semaine de culture.
Après le doigt, le visage
Dans une seconde expérience, les perforations ont été faites dans un substrat en caoutchouc de silicone. Le gel a été appliqué et laissé en culture, résultant en un visage simplifié capable de sourire grâce à des tiges connectées au substrat. Cela montre que cette peau peut bouger avec les composants mécaniques sans se déchirer ou se détacher.
Cette technique offre des avantages potentiels importants pour les robots, notamment une mobilité accrue, des capacités d’auto-guérison et une apparence plus réaliste. Toutefois, plusieurs défis subsistent avant que cette technologie puisse être utilisée dans des robots à l’apparence véritablement vivante. L’intégration de glandes sudoripares, de glandes sébacées, de pores, de vaisseaux sanguins, de graisse et de nerfs dans la peau est nécessaire pour obtenir une peau plus épaisse et plus réaliste. De plus, la création d’expressions humaines nécessite l’intégration d’actionneurs sophistiqués ou de muscles dans le robot.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_0b9c7c3aa20e46cc99dc2d397aba771a