A l’occasion du salon Vivatech qui s’est clos le week-end dernier, le groupe français de beauté Clarins a lancé Clara, un chatbot d’IA générative destiné à améliorer les interactions digitales avec ses clients. La marque explique que Clara est basé sur la plateforme Microsoft Azure OpenAI, et intègre les données du site de Clarins, les questions du service client et les informations des coachs beauté pour offrir des réponses personnalisées et instantanées, grâce à des interactions en langage naturel. Disponible en anglais sur le site américain de la marque, Clara vise à être déployé mondialement après la phase de test et d’optimisation. La rédaction de Qant a testé Clara.
Face à la demande de conseiller des produits pour un homme de 25 ans à la peau normale et au budget limité, le chatbot a proposé trois produits de la gamme pour homme ClarinsMen, un gel nettoyant actif pour le visage, un gel « super hydratant » et un gel douche deux en un. Pour chacun des produits, Clara fournit plusieurs informations complémentaires et un lien vers la page web de présentation du produit, tout en précisant que ces derniers respectent la contrainte d’un prix raisonnable : « Ils vous aideront à nettoyer, hydrater et rafraîchir votre peau sans vous ruiner » conclut Clara. Le chatbot n’ayant été entraîné que sur des données utiles pour sa mission de relation client, il a été incapable de répondre à la question “Quel modèle de langage utilises-tu ?”.
Un selfie contre des conseils
Clara n’est pas sans rappeler un autre assistant beauté boosté par l’IA, Beauty Genius, présenté par un autre géant français du secteur, L’Oréal, au CES 2024 de Las Vegas (lire Qant du 10 janvier). Ce dernier va plus loin que le chatbot de Clarins, puisqu’il est capable, sur la base d’une simple photo de l’utilisateur, de lui conseiller des produits en analysant sa peau. Au moment de présenter son produit à Las Vegas, le directeur général de L’Oréal Nicolas Hieronimus avait cité le chiffre de 10 LLM utilisés pour former Beauty Genius, qui est également capable de fournir à l’utilisateur des vidéos issues des réseaux sociaux pour lui expliquer comment utiliser les produits conseillés.
Une IA nommée Maia
De son côté, LVMH, largement présent à VivaTech, utilise depuis six mois MaIA, un assistant de GenAI destiné à améliorer l’expérience client de certaines de ses marques, comme Dior. MaIA, développée à partir du « patrimoine public » de ChatGPT, aide à synthétiser des messages clients, proposer des produits adéquats et générer des images personnalisées. Utilisée par 4000 à 6000 utilisateurs réguliers, cette IA se veut éthique et responsable. LVMH a également lancé une “Prompt Academy” pour former ses employés et il a multiplié les partenariats avec des géants de la tech comme Google et Epic Games.
La question pour tous ces outils sera de savoir s’ils sauront dépasser l’effet « waouh » attenant à toute innovation comprenant le mot « IA » : pour Clara, il faudra attendre que le chatbot dépasse le marché US et débarque dans nos frontières. Concernant le Beauty Genius de L’Oréal, le directeur de la transformation IA générative de la marque Jean-Paul Paoli expliquait début février lors du World AI Cannes Festival que le produit était encore en développement : « Parvenir au bon niveau de pertinence, en proposant une liste restreinte de produits adaptés, et d’empathie dans les réponses fournies par le modèle reste un défi » expliquait-il au média CIO Online. Reste à savoir, finalement, si l’IA le vaut bien.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_5d41c773cac443c38d7b5705038cab88