Le festival de Cannes s’est ouvert, avant-hier, sur Le Deuxième Acte, une comédie de Quentin Dupieux qui met en scène les acteurs d’un film dirigé par une IA. Par une mise en abyme involontaire, Google présentait au même moment une IA conçue non pour remplacer, mais pour aider les metteurs en scène de cinéma et à terme, peut-être, démocratiser la profession.
“On peut faire une erreur plus rapidement” avec Veo, témoigne l’acteur Donald Glover, qui a monté près de Los Angeles un studio-incubateur, Gilga. Or, se tromper, c’est ce qui compte : “Tout ce que vous voulez vraiment en fin de compte – du moins en art – c’est simplement faire des erreurs rapidement.”
Festival off
Les créateurs de films qui aspirent à faire des erreurs avec l’IA sont de plus en plus nombreux, si l’on en juge par le nombre de participants à l’AI Film Festival, qui a clos sa deuxième édition une semaine avant la première montée des marches. 3 000 vidéos ont été soumises au jury sponsorisé par Runway ML, contre 300 pour la première édition, l’an dernier.
Les 10 gagnants se partagent encore de petites sommes – 60 000 dollars, moins de 55 000 euros. Mais leurs œuvres montre que la technologie n’est plus incompatible avec une certaine maturité esthétique, comme en témoigne Get Me Out, de Daniel Antebi.
Runway, qui a levé 236 millions de dollars (217 millions d’euros), n’a longtemps eu pour concurrents que d’autres start-up, comme Synthesia, Descript, Wibbitz ou Deepbrain AI, qui ont toutes levé entre 30 millions et 50 millions de dollars. Mais la start-up se retrouve désormais face à des géants : Google, OpenAI et Adobe.
Pas sûr, à voir la vidéo de démonstration de Veo, que l’esthétique y gagne. Mais la prouesse technique est telle, qu’il se trouvera vite un artiste pour y mettre bon ordre.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_30d9f63e4eb5479ab86a0138fba243d2