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Aux États-Unis, le capital-risque pivote vers l’IA

La dernière livraison de “Pitchbook quantitative perspectives” documente la nouvelle passion du capital-risque. Hors l’IA, point de salut.

Aux États-Unis, le capital-risque pivote vers l’IA

ChatGPT a tout changé. Après son lancement le 30 novembre 2022, la part de l’IA dans les investissements en capital-risque a bondi soudainement, d’après l’édition pour le premier trimestre de Pitchbook quantitative perspectives. Alors que l’IA recevait depuis quatre ans 21% à 22% des investissements, elle en a accaparé plus d’un tiers en 2023 : 35,4 %. 

Pour être précis, les applications verticales – grosso modo, le machine learning – ont continué à se contracter, après avoir dépassé les 40 milliards de dollars (37 Md€) d’investissement en 2021. L’an dernier, les plateformes horizontales – grosso modo, les modèles de fondation – les ont quasiment rejointes, notamment grâce au 10 milliards de dollars (9 Md€) misés par Microsoft dans OpenAI.

Ce deal hors du commun explique le pic d’investissements au premier trimestre 2023. Mais le reste de l’année a vu se mettre en place une augmentation inexorable des investissements, qui s’est encore poursuivie en janvier et février 2024. 

Cela se reflète directement dans l’évolution des valorisations des licornes, où l’IA a commencé à se démarquer au printemps 2023. Le Morningstar PitchBook Global Unicorn Index, un indice qui suit la performance financière des licornes, montre que les entreprises d’IA learning ont surperformé depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, faisant mieux que l’ancienne coqueluche du capital-risque, les entreprises Saas. 

Faut-il dès lors enterrer les entreprises Saas ? Pas encore, indique PitchBook, qui anticipe que les entreprises en phase de démarrage du secteur sont encore susceptibles de surperformer si on les compare à celles de la cybersécurité, du gaming, et même de l’intelligence artificielle. De même, les entreprises SaaS soutenues par des capitaux-risqueurs qui ont récemment réalisé une introduction en bourse se négocient à des valorisations plus élevées que celles dans les domaines de l’IA et du machine learning sur les marchés publics.

La disparition des introductions en bourse en 2021 a asséché les liquidités des VCs américains. Au global, la capitalisation boursière des entreprises soutenues par des VCs qui sont entrées en bourse ces cinq dernières années n’est que d’un tiers de la valeur totale des start-up encore présentes dans le portefeuille des investisseurs. 

Les IPO récents d’Astera Labs, une start-up d’IA,  et du réseau social Reddit laissent espérer une nouvelle fenêtre d’introductions en bourse. Si Databricks, qui est valorisée à 43,2 milliards de dollars (environ 40 milliards d’euros), suit leur exemple, l’IA aura relancé tout le secteur. 

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_c0fa46130ffe47ef98be2b1bab5eaca3