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Talents d’IA : la Chine émerge, la France perd pied

La Chine est le nouveau leader pour la formation de haut niveau en IA, selon le think tank américain MacroPolo. Alors que l’Amérique stagne, l’Europe et la France reculent.

Talents d’IA : la Chine émerge, la France perd pied

Pékin, nouvelle capitale des talents de l’IA ? C’est en tout cas ce que conclut une étude du think tank MacroPolo, affilié à l’Institut Paulson, créé par l’éponyme ex-président de Goldman Sachs et secrétaire au Trésor sous George W. Bush. L’étude révèle que la Chine a largement surpassé les États-Unis dans la formation de talents en intelligence artificielle. Près de la moitié des principaux chercheurs mondiaux en IA sont issus d’institutions chinoises, contre environ 18 % qui proviennent des États-Unis. Cette évolution marque une progression significative pour la Chine, qui représentait environ un tiers de ces talents il y a cinq ans, tandis que la part des États-Unis est restée relativement stable. 

Éducation à l’IA

Le déplacement du centre de gravité des talents en IA vers la Chine s’explique en partie par les efforts considérables du pays dans l’éducation à l’IA. En 2017, le pays s’était mobilisé autour d’un plan pour conquérir le leadership mondial dans l’IA avant 2030. Et depuis 2018, plus de 2 000 programmes de premier cycle en IA ont été lancés, dont plus de 300 dans les universités d’élite du pays. Cependant, ces programmes se concentrent davantage sur les applications de l’IA dans l’industrie et la fabrication, plutôt que sur l’IA générative qui domine actuellement l’industrie américaine de l’IA. 

La recherche montre également un changement de tendance concernant la mobilité des chercheurs chinois. Après avoir traditionnellement privilégié les universités américaines pour leurs doctorats, ils choisissent de plus en plus de rester en Chine. Cette nouvelle tendance pourrait avoir des implications importantes pour la compétitivité des États-Unis en matière d’IA. Les chercheurs d’origine chinoise représentent en effet 38 % des chercheurs en IA de haut niveau qui travaillent aux États-Unis.

Rêve américain

Les États-Unis restent tout de même un pôle attractif pour les talents mondiaux en IA,  y compris venus de Chine. La recherche souligne l’importance cruciale des chercheurs chinois pour le leadership américain en IA, tout en mettant en évidence les défis et opportunités que représente cette dynamique globale pour l’avenir de l’IA et son impact géopolitique.

Ces données sont basées sur l’analyse des parcours des chercheurs ayant publié des articles lors de la Conférence NeurIPS 2022, axée sur les avancées des réseaux neuronaux et de l’IA générative. La recherche de MacroPolo se concentre sur trois questions clés : l’origine des chercheurs de premier plan en IA, leur lieu de travail actuel et leurs parcours de carrière. Pour collecter et analyser les données, l’étude se penche sur un échantillon représentatif de papiers de recherche acceptés lors de la conférence NeurIPS 2022, reconnue pour son importance dans le domaine des réseaux neuronaux et de l’apprentissage profond. 

MacroPolo justifie son intérêt pour les chercheurs de haut niveau par leur potentiel de conduire à des percées significatives et d’appliquer des cas d’utilisation de l’IA à des problèmes complexes du monde réel. Bien que le débat persiste sur le type de talent le plus important pour renforcer les capacités nationales ou institutionnelles en IA, cette étude choisit de se concentrer sur cette élite en raison de son impact potentiel. Pour constituer son échantillon, l’étude a sélectionné au hasard 186 papiers parmi les 2 671 acceptés lors de la conférence NeurIPS 2022, impliquant un total de 867 auteurs. L’étude utilise également une méthode de « comptage fractionné » pour attribuer le crédit des recherches aux institutions, répartissant équitablement la valeur entre les auteurs. Cette approche est privilégiée pour représenter de manière équitable la contribution des institutions aux travaux de recherche.

Paris chute

La France est citée à plusieurs reprises dans l’étude de MacroPolo, et tous les indicateurs montrent un recul de l’Hexagone quant à la production de chercheurs en IA entre 2019 et 2022. Ainsi, seuls 4% du Top 2% des chercheurs en IA travaillaient en France en 2022, contre le double trois ans plus tôt. La part de ces chercheurs originaires de France a également baissé, passant de 6 à 5% en trois ans. 

Enfin, la France avait placé un représentant parmi les 25 institutions produisant le plus de « top chercheurs en IA », l’Inria (Institut national de recherche en sciences et technologie du numérique, 16ème). Il disparaît dans le classement 2022, qui voit les institutions chinoises se multiplier.

Pour en savoir plus :

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_f438b04035f4466e810d03ffb61ae480