OpenAI a le sens du timing. Alors même que la start-up de Sam Altman a annoncé en fin de semaine dernière le lancement de Sora, un modèle text-to-video capable de transformer des invites textuelles en vidéos photoréalistes (lire Qant du 19 février), l’actualité s’est aussi déroulée en coulisses. En effet, selon les informations du New York Times, une opération financière menée par la société new-yorkaise de capital-risque Thrive Capital s’apprête à porter la valorisation d’OpenAI à plus de 80 milliards de dollars, soit un triplement de sa valeur en moins de dix mois. De quoi positionner la start-up parmi les entreprises technologiques les plus valorisées au monde, derrière ByteDance et SpaceX.
L’opération financière menée par Thrive Capital consiste en une offre d’achat permettant aux employés de vendre leurs actions. Il ne s’agit donc pas d’une levée de fonds, qui vise à réunir des capitaux pour le fonctionnement de l’entreprise, mais d’une opération de fidélisation du personnel qui consolide également la valorisation de l’entreprise..
Thrive Capital avait déjà participé, il y a moins d’un an, au côté de Sequoia Capital, Andreessen Horowitz et K2 Global, à une levée de fonds de 300 millions de dollars qui valorisait OpenAI entre 27 et 29 milliards de dollars (lire Qant du 3 mai 2023), consolidant ainsi la valeur obtenue auprès de Microsoft. Dès octobre dernier, le nom de Thrive Capital revient sur la table lorsque le média américain The Information annonce un mega-deal à venir, voyant déjà à ce moment-là un rachat des actions d’OpenAI auprès de ses employés valorisant la société à 86 milliards de dollars (lire Qant du 23 octobre 2023). Un mois auparavant, c’est le Wall Street Journal qui annonçait des discussions avec plusieurs investisseurs pour vendre des actions existantes et valoriser l’entreprise entre 80 et 90 milliards (lire Qant du 27 septembre 2023).
Entre-temps, le tremblement de terre du licenciement (lire Qant du 20, du 21, du 22 et du 23 novembre) a fait tout basculer. Si le personnel s’est massivement prononcé en faveur du retour de Sam Altman à la tête d’OpenAI, la perspective de la cession y était certainement pour quelque chose. Mais il a fallu renouveler le conseil d’administration, consolider la gouvernance, redonner confiance au consortium d’investisseurs derrière Thrive Capital… L’appartenance à la galaxie Trump de ce dernier, un VC new-yorkais fondé par Jared Kushner, ne devrait pas avoir beaucoup d’effets. L’importance de la valorisation assure que sa participation restera très minoritaire, face aux 49 % détenus par Microsoft et le contrôle encore exercé par la fondation.
Sam Altman a déjà changé de registre. Il cherche désormais à réunir 5 000 à 7 000 milliards de dollars pour financer la construction de fonderies de semi-conducteurs pour les modèles d’IA (lire Qant du 12 février). Une somme pharaonique qui semble avoir retenu l’attention de plusieurs investisseurs, notamment dans les Émirats Arabes Unis.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_3a8be183076f42459d5c9b920b250fdf