La semaine dernière, Volkswagen a lancé un laboratoire d’IA visant à développer des preuves de concept, notamment pour l’optimisation de la charge des véhicules électriques et la maintenance prédictive (lire Qant du 2 février). Le laboratoire travaillera au déploiement de l’intelligence artificielle dans la vague montante du Software Designed Vehicle (SDV), ou véhicule conçu par le logiciel.
Au CES 2024, Etas, une filiale de l’équipementier allemand Bosch, montrait déjà faire entrer la conception de voitures dans l’ère du DevOps, en regardant le véhicule comme un système dans le cloud, sans s’arrêter aux composants et systèmes individuels. Pour ceux-ci, en parallèle, Intel a présenté une nouvelle gamme de SoC (System on Chip) baptisée simplement « Software Defined Vehicle« . Les nouveaux SoC, renforcés par l’IA, visent à soutenir une architecture de véhicule entièrement définie par logiciel. Intel a en outre annoncé l’acquisition du français Silicon Mobility, une société spécialisée dans le développement de logiciels et de circuits intégrés pour l’industrie automobile et notamment les véhicules électriques (lire Qant du 11 janvier).
ChatGPT partout
C’est là que l’IA trouvera sans doute à déployer sa pleine mesure dans l’industrie automobile, ces prochaines années. Mais son utilisation va déjà beaucoup plus loin. Pour rester sur Volkswagen, le premier groupe automobile mondial a intégré ChatGPT dans tous ses modèles équipés de l’assistant vocal Ida (lire Qant du 10 janvier), dans le cadre d’un partenariat technologique avec Cerence. Il montre ainsi la voie à l’intégration de l’IA générative dans les systèmes de divertissement des prochains véhicules, ce qui agitait tous les constructeurs présents au CES. Et pas seulement dans l’automobile : la start-up hongkongaise Urtopia est allée jusqu’à présenter le premier vélo électrique permettant d’interagir avec ChatGPT grâce à un haut-parleur intégré (lire Qant du 14 janvier). Fusion peut ainsi commenter les lieux visités par le cycliste, sans que celui-ci ne s’arrête de pédaler.
Pour prendre tout leur sens, ces systèmes de divertissement mobiles ont besoin que le passager ne soit pas distrait par l’effort ou la conduite : il vont donc de pair avec le développement des véhicules autonomes. Sur ce front, Mercedes vient d’obtenir une certification mondiale pour une véhicule autonome de niveau 3, qui peut accélérer, freiner et doubler seul, mais sous la vigilance du conducteur. Le groupe allemand rejoint ainsi Tesla, qui elle se passe de certification.
Dans l’ensemble cependant, le rythme lent des progrès a cassé l’enthousiasme pour la voiture autonome. “Le véhicule autonome pour le particulier a disparu, et il ne reviendra pas” estime François Pistre, un expert de MissionCES. Cela ne préjuge pas de l’avenir des véhicules autonomes collectifs, comme les robotaxis Waymo de Google, ni de la possibilité que les LLM de Scale.AI et Ghost Autonomy donnent une nouvelle vie à la conduite autonome, lui permettant d’atteindre le niveau 5 (lire Qant du 10 novembre 2023). Déjà, au CES, Kodiak Robotics a présenté un camion robotisé capable de circuler sans conducteur, après avoir parcouru 4 millions de kilomètres pendant 5 années de tests (lire Qant du 10 janvier).
Après la hype, les progrès continuent.
Pour en savoir plus :
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_c2f52d62f7de4f8789b032a5de37d8b1