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L’IA au chevet des entreprises

En France, le marché de l’IA générative commence à se structurer, mais les levées de fonds restent rares. Outre-Atlantique, trois opérations s’apprêtent à marquer la structuration du marché des applications d’IA pour les entreprises.

L’IA au chevet des entreprises

Le cabinet de conseil Wavestone vient de répartir par métiers les 141 start-up françaises de l’IA générative, ou présumée telle. On retrouve dans cette carte les grandes catégories qui étaient celles de l’IA avant le succès de ChatGPT, et largement les mêmes acteurs. 4 entreprises seulement, dans ce radar français, ont réalisé une levée de fonds : outre Mistral AI, on retrouve Poolside, qui développe un modèle de génération de code, Pimento, dans le design et la création, et Giskard, un outil de test pour modèles. Il y manque des start-up comme Nabla, qui vient de lever 24 millions d’euros pour un modèle génératif dans la santé, ou Dust, qui veut développer des modèles spécifiques à chaque entreprise. 

Dust n’est pas sans évoquer Sierra, le dernier crush de la Silicon Valley, qui bruisse de rumeurs sur un tour de 85 millions de dollars, mené par Sequoia Capital, qui la propulserait au statut de licorne. Cofondée par Bret Taylor, ancien directeur général de Salesforce et membre du conseil d’administration d’OpenAI, l’entreprise propose une gamme de solutions d’IA allant de l’automatisation des processus métier à l’analyse des données, en passant par la création de produits. Le premier tour, de 20 millions de dollars l’an dernier, s’était effectué sur une valeur d’entreprise de 100 millions. Il s’agirait du premier tour conséquent pour une plateforme applicative généraliste, susceptible de se déployer dans tous les métiers. 

Sierra concentre la hype californienne, mais en Floride, Kore.ai agit. Elle vient de lever un 150 millions de dollars lors d’un tour de série D. Elle accueille ainsi notamment Nvidia à son capital, tout en portant le total levé à environ 223 millions de dollars. Kore.ai se concentre sur la création d’applications d’IA conversationnelle pour divers secteurs, comme la banque et la santé. Sa plateforme sans code permet aux entreprises de créer des applications personnalisées ou de déployer des chatbots pré-entraînés et spécialisés. Elle adapte ses fonctionnalités et ses capacités de recherche et de réponse à divers scénarios de service client et d’expérience de l’employé utilisateur. Kore.ai veut se distinguer de ses concurrents – nombreux, dans le domaine – par sa flexibilité dans le déploiement des applications d’IA – dans le cloud, localement ou sur des machines virtuelles – et par la possibilité d’affiner ces applications pour des cas d’utilisation spécifiques. 

Dans sa verticale, qui est celle des chatbots et de la relation client, Kore.ai vient donc de prendre une longueur d’avance. Mais on peut voir plus loin.

Sema4.ai veut préparer le passage des architectures actuelles aux futurs agents d’IA. Son framework AI Actions, basé sur Python, s’intègre avec LangChain et OpenAI, facilitant l’utilisation pratique de l’IA générative. Basée à Atlanta, elle vient de lever 30,5 millions de dollars auprès de différents investisseurs dont Benchmark et Mayfield, ce qui lui permet notamment de racheter Robocorp, spécialisé dans l’automatisation open source.

Le passage des architectures actuelles (RAG vs LLMOps) aux agents intelligents promet encore bien des rebondissements. 

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_0b6073e5a6c5473e9eb1fa6e8140516e