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Les sauts de puce du CES

La multiplication des cas d’usage de l’IA prélude à une explosion de vitalité dans le marché des microprocesseurs, notamment dans l’Edge AI.

Les sauts de puce du CES

On attendait l’IA comme thème phare de cette édition 2024 du CES ; l’intelligence artificielle notamment générative aura bel et bien été sur toutes les lèvres au salon technologique de Las Vegas. Plus de 800 entreprises y ont exposé des produits approchant l’IA de près ou de loin. Du dispositif R1 de la startup Rabbit qui se veut le remplaçant du smartphone (lire Qant du 10 janvier), jusqu’aux robots compagnons de LG et Samsung (lire Qant du 9 janvier), via les e-bikes comme le vélo chatGPT d’Urtopia (lire ci-dessus), les appels à GPT-4 et ses émules se multipliaient partout.  

Faire fonctionner l’IA dans cette nuée d’appareils grand public relance l’appétit pour le calcul d’IA au plus près de la collecte de données, dans l’appareil lui-même voire le capteur :  l’Edge AI ou IA en périphérie de réseau. Une nuée de fabricants de processeurs spécialisés se pressait au CES pour en montrer le potentiel.

Créer des IA avec de l’IA

La plus avancée était certainement AIZip. Cette start-up de Cupertino a mis au point une technique d’automatisation par l’IA du design de petits modèles de machine learning, qui peuvent tourner sur de simples capteurs. Aon Devices, un de ses rivaux californiens, a présenté le AON1120, un processeur destiné à l’Edge AI et  caractérisé par une très faible consommation d’énergie. Et ainsi de suite…

Par exemple, l’israélien Hailo a présenté ses processeurs Hailo-8 et Hailo-15. Parmi les solutions partenaires de Hailo, des systèmes de sécurité, des caméras intelligentes ou des systèmes d’aide à la conduite avancée (Adas). 

Plus futuriste, la hollandaise Innatera a dévoilé un microcontrôleur neuromorphique, le Spiking Neural Processor T1, qui imite les mécanismes du cerveau humain pour le traitement des données sensorielles. 

Présentés ou non sous l’appellation de Neural Processing Unit, ces processeurs témoignent d’un écosystème très vivant, prêt à sortir de l’ombre. Mais il ne s’agit pas que de start-up.

Dans la cour des grands

AMD a présenté au CES 24 les Ryzen 8000G, des APU (accelerated processing unit) qui combinent au processeur Zen 4, une unité de traitement neuronal (NPU) et une de traitement graphique (GPU). Héberger ces unités dans une puce unique améliore l’allocation de ressources entre les composants.

Les Ryzen sont destinés aux cartes graphiques pour le jeu vidéo mais le leader du marché, Nvidia, a suivi la même démarche avec ses puces d’IA Grace Hopper, qui unissent une CPU et une GPU et qui devraient dominer le marché cette année, succédant aux H100. Au CES, pour le grand public, Nvidia a présenté une nouvelle série de cartes graphiques RTX 40 Super, conçues pour accélérer la génération de vidéo et d’images grâce à l’IA.

Plusieurs fabricants de PC, dont Acer, ASUS, Dell, HP, Lenovo, MSI, Razer et Samsung, vont lancer des ordinateurs portables « prêts pour l’IA » équipés de ces nouvelles cartes. Dans sa conférence, Nvidia a également mis en avant l’utilisation de l’ordinateur personnel pour la formation de modèles de langage à grande échelle, en complément des services cloud. 

Pour sa part, Intel a affirmé sa volonté de se développer vers l’industrie des véhicules augmentés, avec l’acquisition du français Silicon Mobility (lire Qant du 11 janvier) et la présentation d’une nouvelle gamme de SoC (System on Chip) baptisée « Software Defined Vehicle ». 

Peut-être est-il plus prudent de s’attaquer à Qualcomm qu’à Nvidia.

Pour en savoir plus :


Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_65590de8398b4962a5f6d89aa810269c