Un hôpital de Glendale dans l’Arizona vient de passer le cap des 10 000 interventions chirurgicales réalisées avec le robot daVinci. Cette technologie permet des mouvements précis grâce à de très petits instruments et elle offre une vue 3D haute définition de la zone opératoire. Ce ne sont pas des robots qui effectuent la chirurgie, mais le chirurgien qui guide les instruments robotisés via une console. Aux États-Unis, les procédures chirurgicales mini-invasives assistées par robot ont été autorisées en 2000 par la FDA (Food and Drug Administration), après la première vague de chirurgie robotique dans les années 1980. Avec l’accélération du développement de l’IA, générative ou non, et l’expiration de certains brevets originaux d’Intuitive, l’entreprise à l’origine du robot daVinci, de nouveaux robots chirurgicaux devraient bientôt faire leur apparition.
Bouillonnement
Cette double perspective déclenche une frénésie d’activité. Cette semaine, plusieurs start-up du secteur ont levé des fonds significatifs. CMR Surgical, une entreprise basée à Cambridge, au Royaume-Uni, qui a développé le système robotique chirurgical Versius, a levé 133 millions de livres sterling auprès de plusieurs investisseurs, dont Ally Bridge Group et SoftBank Vision Fund 2. D’autres entreprises, telles qu’Alto Pharmacy, Corti et ReCode Therapeutics, ont également levé respectivement 120 millions de dollars, 60 millions de dollars et 50 millions de dollars.
En France, dès le mois de janvier, le CNRS présentait quatre robots issus de ses laboratoires. Parmi eux, Cobra, destiné à la curiethérapie : l’introduction de grains radioactifs dans une tumeur. Il peut les placer au millimètre près par un point d’entrée unique, pendant que le praticien pilote l’aiguille de loin en utilisant un joystick, grâce aux images fournies en direct par l’IRM. De cette manière, le médecin effectue l’intervention sans être exposé au champ magnétique de l’IRM ou aux substances radioactives insérées dans la prostate.
L’IA permet d’aller plus loin et, dans certains cas, d’imaginer se passer du chirurgien. Le mois dernier, une équipe de l’université d’Utah a ainsi présenté un robot médical autonome capable de guider une aiguille à travers des tissus vivants. Ce robot utilise une aiguille flexible guidée par laser pour naviguer avec précision, réduisant ainsi les risques pour le patient. Lors d’un test sur un poumon de porc, le système autonome a démontré une précision supérieure aux techniques manuelles.
Résistances
L’augmentation de la précision et la réduction du temps d’intervention comptent parmi les principaux avantages des robots médicaux autonomes, qui peuvent bien sûr travailler avec bien moins de pauses qu’un humain. Les critiques font cependant noter que les risques de dysfonctionnement pourraient entraîner des complications pour le patient. Ils pointent du doigt le coût élevé de ces robots, qui pourrait rendre certaines procédures inaccessibles.
On notera aussi que les chirurgiens en milieu de carrière devront s’adapter à ces nouvelles techniques, ce qui implique une nouvelle phase d’apprentissage. Comme un employé face à ChatGPT.
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Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_7d63e4994f3b4372aa3d758d5011680f