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A son tour, EY prend le virage de l’IA

Le cabinet EY vient de présenter une plate-forme autour de son propre modèle de langage naturel, fruit d’un investissement de 1,4 milliard de dollars dans le secteur de l’IA. Les autres Big Four ont multiplié les annonces depuis le lancement de ChatGPT.

A son tour, EY prend le virage de l’IA

Ernst & Young (EY) vient de présenter EY.ai, une plateforme propulsée par l’IA, destinée à aider ses clients à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs flux de travail. Son propre modèle de langage, EY.ai EYQ, servira notamment de chatbot interne. Mais il a été entraîné à partir de données publiques disponibles sur Internet et EY garantit à ses clients les droits d’auteur et la sécurité : les messages qu’ils envoient au modèle ne se retrouveront en aucun dans ses futures données d’entraînement. À l’avenir, l’objectif est de créer une série de modèles spécifiques à partir des données d’EY, comme un LLM entraîné sur la fiscalité, un domaine où EY accumule des informations depuis plus d’un siècle.

EY.ai comprend également une bibliothèque de cas d’usage qui permet de conseiller les sociétés sur le déploiement de l’IA et surtout la plateforme tech EY Fabric. Déjà utilisée par 1,5 million de personnes au sein de 60 000 clients, EY Fabric intègre désormais des fonctions d’IA.

EY lance une action massive de formation de ses 400 000 employés à l’utilisation d’EY.ai. En outre, la société a établi des partenariats avec Microsoft, Dell, SAP et Thomson Reuters pour investir et explorer l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Course aux modèles

La demande générale d’IA générative a relancé les services numériques. L’institut IbisWorld a doublé ses prévisions, estimant la croissance du marché cette année à 4% au lieu de 2%. Par exemple, Accenture a doté de 3 milliards de dollars sur trois ans un programme de recrutements, d’acquisitions et de formation pour permettre de porter à 80 000 le nombre de ses consultants spécialisés.

Ce marché attire aussi les grandes sociétés d’audit et de conseil, mais leurs autres métiers sont directement touchés par son déploiement. Ainsi, KPMG a déclaré en juillet qu’elle prévoyait de dépenser 2 milliards de dollars en services IA et cloud au cours des cinq prochaines années. Son but est double : non seulement elle entend aider ses clients à déployer l’IA, tout comme les ESN, mais elle compte aussi automatiser une partie de ses services fiscaux, d’audit et de conseil. Un partenariat avec Microsoft, qui lui ouvrira en avant-première l’accès à Microsoft 365 Copilot, devrait générer 12 milliards de recettes supplémentaires dans la même période, selon ses estimations.

Les gains de productivité lui permettront de fournir plus rapidement des analyses et des notes de conseil stratégique, en y consacrant plus de temps. KPMG, qui s’est séparée en juin de presque 3000 salariés, ne prévoit pas de nouveaux licenciements à cause de l’IA. Au contraire, celle-ci pourrait relancer sa croissance, au prix d’un fort investissement dans la formation de ses employés.

En avril, PwC avait annoncé un investissement de 1 milliard de dollars sur trois ans pour développer ses offres en IA (lire Qant du 28 avril). S’appuyant sur GPT-4 et Azure, elle en prévoyait une multitude d’applications potentielles, comme de rédiger des rapports et préparer des documents de conformité, d’analyser et évaluer des stratégies commerciales, de créer du matériel marketing et des campagnes de vente, et même d’identifier les inefficacités dans les opérations de ses clients.

Le premier, Deloitte avait annoncé dès décembre dernier un investissement de 1,4 milliard de dollars – sur une période non précisée – dans la formation de ses employés à l’utilisation de l’IA, mais aussi généralement de la technologie et du leadership, en s’appuyant sur Deloitte University.

C’était avant que l’IA ne s’infiltre au cœur de son modèle économique.

*Pour en savoir plus : *

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_d37961218bd645f5b267caeb46b23a39