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Pour Tesla, l’IA vaut plus qu’une biographie

La veille de la publication de la biographie de son patron Elon Musk, Tesla a vu le cours de son action bondir: un rapport de Morgan Stanley estime que son superordinateur Dojo augmentera la valeur de l’entreprise d’au moins 500 milliards de dollars.

Pour Tesla, l’IA vaut plus qu’une biographie

On attendait Elon Musk sur un ring contre Mark Zuckerberg, c’est en fait un dojo qui lui réussit. Plus précisément, la puce Dojo D-1, annoncée en 2019, et le super-ordinateur éponyme, présenté le 30 septembre 2022. Rien de très nouveau, donc, si ce n’est l’analyse financière d’Adam Jones et six de ses collègues chez Morgan Stanley, qui ont augmenté leur objectif de cours dans 12 mois à 400 dollars l’action, contre 250 dollars précédemment, ce qui correspond à une augmentation de la capitalisation boursière de presque 600 milliards de dollars. Leur raisonnement comporte deux volets.

Tout d’abord, la puce Dojo s’avère plus efficace et moins chère que l’A10 de Nvidia, leader actuel du marché. Elle permet d’entraîner des IA en quelques semaines plutôt que quelques mois, avec une meilleure utilisation de l’énergie et une multitude de clients au-delà de l’industrie automobile. Cela conduit la banque d’affaires à valoriser Tesla 28,3 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 2025, contre 25,3 fois pour Nvidia.

Il est très probable que les nouvelles puces de Nvidia (le H-100 et a fortiori les Grace Hopper S-100 et S-200) feront plier le genou à Dojo. Mais l’enthousiasme des analystes se fonde sur la possibilité pour Tesla de développer des services de calcul à destination des futures sociétés de robotaxis, par exemple. « Lorsque Tesla commencera à débloquer les synergies Dojo dans la deuxième moitié de la décennie et au-delà de 2030, nous nous attendons à une expansion significative de la marge. Nous prévoyons que les services de réseau fourniront un Ebitda de 65 % et qu’ils représenteront 62 % de l’Ebitda total de Tesla en 2040” indique l’analyse, qui estime que Tesla dégagera un Ebitda de 15% cette année, de 24% en 2030 et 35% en 2040.

Pour l’heure, deux seuls groupes opèrent des robotaxis aux États-Unis (et dans le monde) : Google, qui n’aura pas besoin de l’IA de Tesla, et General Motors, pour qui la réponse est moins catégorique. En adoptant le modèle préconisé par les analystes de Morgan Stanley, Tesla pourrait ouvrir le marché (voire permettre aux constructeurs automobiles, notamment européens, de pallier leur retard).

Entraîner des modèles d’IA nécessite comme on sait d’énormes volumes de données. C’est particulièrement vrai pour une voiture autonome. Il s’agit pour ces IA de percevoir les objets sur la route, de prévoir leur comportement, puis de diriger le véhicule en fonction de leurs estimations. Sans oublier de communiquer en langage naturel avec les passagers, généralement par la voix, tout en surveillant leur comportement (malgré la présence de caméras, il semble que Waymo-Google et Cruise-GM se sont retrouvés confrontés à une épidémie de tendresses et de câlins à l’arrière de leurs robotaxis, à San Francisco).

Dojo et le mojo

Or, Tesla collecte depuis toujours les données de ses véhicules, ce qui lui confère un avantage considérable. Elon Musk, son PDG , a annoncé au printemps que, grâce à Dojo et toutes ces ressources, le système de conduite autonome de Tesla surpassera bientôt les capacités humaines en matière de conduite. Et que la société allait investir cette année 1 milliard de dollars dans l’intelligence artificielle.

Qu’il soit déraisonnable ou non – Qant pencherait plutôt pour la première hypothèse –, l’engouement de Morgan Stanley passera en tout cas au second plan, ce mardi. La biographie officielle et même hagiographique d’Elon Musk paraît en effet en librairie aujourd’hui. On y apprend notamment qu’Elon Musk a interféré délibérément dans la guerre en Ukraine (lire Qant du 8 septembre : L’Ukraine accuse Musk) et que son épouse Grimes lui a donné un troisième enfant, prénommé Techno Mechanicus. Son frère et sa sœur ont écopé, eux, de X Æ A-12 et Exa Dark Sideræl, respectivement. Pendant ce temps là, l’action Tesla terminait en hausse de plus de 10% lundi soir. Sacrée journée.

Restons sérieux.

*Pour en savoir plus : *

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_f667d2bf2d63478cb71760675a8a6395