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Avec ChatGPT, Climb monte à l’assaut de la complexité fiscale

Avec ChatGPT, Climb monte à l’assaut de la complexité fiscale

**ClimbGPT, un service d’intelligence artificielle (IA), veut aider les contribuables à remplir leurs déclarations de revenus sans erreur ni omission. La fintech qui l’a créé fait un usage ingénieux de ChatGPT. **

Comment utiliser ChatGPT pour remplir sa déclaration de revenus, alors que ses données d’entraînement s’arrêtent à 2021 et que le modèle est connu pour ses « hallucinations » ? Climb, une fintech parisienne créée en 2015, sous le nom de Tacotax, par Aldric Emié et Rodrigue Menegaux, a trouvé la solution. En nourrissant le modèle américain avec ses propres informations, elle a créé ClimbGPT, qui donner les bons conseils, à jour de la mouvante législation fiscale.

ClimbGPT vise à éviter les erreurs et oublis courants lors des déclarations de revenus, en fournissant des informations actualisées et précises et en indiquant quelles cases remplir. Il peut répondre à des questions telles que « Je suis marié et j’ai 2 enfants, à quels réductions ou crédits d’impôts ai-je droit ? », « De quoi ai-je besoin pour déclarer les dons que j’ai faits à des associations ? », « Comment déclarer ma nounou ? », etc. Il peut également parler de placements financiers et du marché de l’immobilier.

Une technique presque simple…

Climb a commencé par constituer un fonds documentaire avec les questions que lui avaient posées ses clients les années précédentes (et les réponses mises à jour) et sa propre recherche de conseiller en investissements financiers (CIF). Elle l’a complétée avec des bases de données publiques de référence, notamment les sites Impots.gouv.fr et Service-public.fr, le Bofip, l’Urssaf, ainsi que des sources économiques reconnues comme l’Insee et la Banque Centrale Européenne (BCE).

A partir de ce fonds documentaire à jour de la réglementation fiscale qu’elle héberge sur ses propres serveurs, la start-up a utilisé Ada (GPT-3) pour constituer une base de données vectorielle (sur Pinecone). Cela lui permet d’associer les bons documents à la requête de l’utilisateur (« Comment déclarer ma nounou ? ») et de les envoyer à GPT 3.5 Turbo (la version la moins onéreuse de ChatGPT, mais largement suffisante, sur l’API d’OpenAI). « Cette technique de ‘feeding’ de ChatGPT s’avère très efficace » se réjouit le fondateur Aldric Emié : « À terme, nous aurons sans doute recours au fine-tuning de GPT-4, mais nous examinerons d’abord les alternatives open source ».

… Pour un réel besoin

L’objectif de ClimbGPT est de devenir la destination première pour tous les particuliers ayant des questions sur leurs impôts et leurs investissements. Une étude qu’elle a réalisée estime que les avantages fiscaux que les contribuables omettent de réclamer sur leur déclaration de revenus représenteraient plus de deux milliards d’euros chaque année. Parmi les principales niches fiscales oubliées, on retrouve les frais réels, les dons aux associations, les frais de scolarité et les services à la personne. Seuls 20% des foyers salariés optent pour la déclaration des frais réels, alors que cette option pourrait permettre un gain moyen de 441€. En ce qui concerne les dons, plus de 2 milliards d’euros sont donnés chaque année sans être déclarés, ce qui représenterait un manque à gagner d’environ 1,5 milliards d’euros pour les Français. Par ailleurs, seulement 5,2 millions d’enfants scolarisés sont déclarés sur 8,3 millions, entraînant un manque à gagner de 378 millions d’euros. Enfin, plus de 500 millions d’euros de dépenses en services à la personne ouvrant droit à un crédit d’impôt n’ont pas été déclarés.

Jusqu’à présent, seuls les plus fortunés ont, en effet, accès aux conseils qui leur permettent de faire valoir tous leurs droits. En démocratisant l’accès à des informations fiscales et financières de qualité et en permettant à chacun d’optimiser sa déclaration de revenus, Climb poursuit un objectif plus vaste. « Si l’on regarde les Etats-Unis, le marché du conseil en investissements financiers est tenu à 60 % par des conseillers spécialisés, à 30 % par les et 10 % par des fintechs » analyse Aldric Emié : « En France, la situation est tout autre : 70 % pour les banques, 25 % pour les CIF, 5 % pour les fintechs ». Celles-ci, dont Climb fait partie, peuvent pourtant offrir toute sorte de services.

Outre l’aide à la déclaration d’impôts, Climb dispose d’une gamme de produits financiers qui comprend aussi bien les classiques, comme l’immobilier, que les nouveaux venus : le private equity et les cryptos. Sa vingtaine de conseillers – sur 50 salariés – dispensent leurs conseils en visioconférence, ce qui permet de réduire considérablement les frais. La start-up a levé 10 millions d’euros en 2022, auprès de NewAlpha et OpenCNP. Elle prévoit d’atteindre l’équilibre et lever un nouveau tour l’an prochain. Ce qui lui permettra peut-être d’enfin moderniser le marché de la gestion de patrimoine et la gestion privée en France.

J.R.

Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_308bf99d423a4bd4b0539b23a9163e44