*Alors que ChatGPT fait sensation depuis sa sortie, mettant un peu plus la lumière sur l’IA générative, tous ne maîtrisent pas encore parfaitement les différents outils mis à disposition du grand public. Dans ce contexte, un métier fait son apparition : le Prompt Engineer, ou l’homme qui parle à l’oreille des robots. *
Qu’il s’agisse d’un générateur de texte comme ChatGPT ou d’image comme Stable Diffusion et Dall-e, il faut demander quelque chose par écrit à l’IA pour que celle-ci donne un résultat : c’est le « prompt » ou « invite » dans la langue de Molière. Or, la rédaction de cette invite est décisive pour l’obtention du résultat adéquat. Chaque détail a un impact sur le résultat donné : changer une virgule, rajouter un « s », et l’IA comprend différemment le message demandé. De même, une même invite peut donner plusieurs résultats différents, comme on peut le voir sur l’exemple ci-dessous.
Dès lors, il devient précieux de maîtriser les codes de ces différents outils, de manière à gagner en efficacité. Dans des propos rapportés par le Financial Times, l’entrepreneur Colin Treseler explique qu’il peine à trouver des talents possédant de telles capacité. Pourtant, les initiatives sont là : il existe par exemple une place de marché intitulée Promptbase.
Sur cette dernière, chaque « Prompt Engineer » peut proposer à la vente des instructions pour Midjourney, Dall-e, ou encore GPT-3. Vous ne parvenez à faire faire à l’IA ce que vous souhaitez, demandez à un ingénieur de le faire pour vous. Les opportunités de marché sont réelles : sont proposés à la vente des logos, des posts LinkedIn, ou même un générateur de nom d’entreprise.
Savoir écrire, désormais, c’est donc savoir donner des inscriptions précises à ChatGPT, cet outil qui a atteint un million d’utilisateurs au cours de sa première se neemaine d’existence.
Si le marché des outils d’IA générative est loin d’avoir fini de se structurer, de futurs problèmes pourraient apparaître rapidement autour de cette maîtrise de la rédaction d’instructions, et notamment la possibilité de contourner les règles mises en place.
Prenons un exemple concret : lorsque l’on rentre dans Stable Diffusion l’invite suivante « a kid drawing something », l’outil nous renvoie un message d’erreur. En effet, Stable Diffusion, comme bon nombre d’IA génératives d’images, interdit la représentation d’enfants. Pourtant, il suffit de changer l’invite pour « a small person drawing something », et l’IA nous renvoie alors plusieurs images d’enfants dessinant, comme celle ci-dessous.
Enfin, la quasi totalité des modèles dominants d’IA générative fonctionnent aujourd’hui en langue anglaise, bien que ChatGPT soit capable de produire des textes rédigés en français. Le « prompt engineer » moderne se doit donc de maîtriser la langue anglaise, celle comprise aujourd’hui par ChatGPT, Dall-e et Stable Diffusion. N’en déplaise à cette campagne publicitaire de Bescherelle, dont le message est clair : même les outils d’IA générative ont besoin de l’orthographe.
Source archive Kessel : https://qant.kessel.media/posts/pst_27d804a5a2394026ac06601d0f4a010b